Paris, mon Meetic et moi par un soir d’été lambinant.

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« Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à l’égaler. Quand vous rencontrez un homme dénué de vertu, examinez vos propres manquements », Confucius dans Entretiens.
« Je vais essayer », Bibi dans son bain.

« L’amour c’est cool », sentence populaire reléguée par mon cousin Arthur de 10 ans mon cadet.
« Certes», Bibi de 10 ans son aînée.

« Meetic résulte de la folie d’un monde galopant, ne laissant de chance aux rencontres de s’approvisionner aux sources du temps. », Bibi, soudainement inspirée au mal de ses dents –sans importance-.

Inscrite depuis une semaine -peur de rien- sur le site Meetic, après les approches délicates de cinq ou six loosers lourdauds en mal de vaginades express, un certain Louis, arborant un profil des plus Profils, me « flasha ». Car c’est ainsi que l’on se rencontre sur site de rencontre, par flashage, à croire que cela n’infeste pas QUE les bas-côtés de nos routes, -remarque hirsute tout à fait personnelle insufflée par les sporadiques crises de mon banquier virant au cramoisi dès le 4 du mois, pauvre homme-.
Je me suis dit, d’abord : Comment un gars « comme lui » peut-il s’intéresser à une loque « comme moi », ignorant alors que la véritable question allait se découvrir par elle-même dans l’instant des choses : comment deux loques peuvent-elles s’intéresser mutuellement ? La réponse, elle-aussi des plus empiriques : ils ne s’intéressent pas. Tel qu’en atteste le dicton, les contraires s’attirent, autrement dit, les semblables se repoussent. Tous les aimants de ce monde vous le diront.
C’est ainsi que deux loques ne loqueront donc jamais ensemble.
A ceux qui oseront susurrer avec insistance à mon esgourde aux sillons escarpés que « qui se ressemble s’assemble », je leur conseille de ne pas trop aller à l’encontre de mes persuasions aujourd’hui, car c’est hier, après deux semaines d’échanges de mails, que j’ai fait la connaissance physique et mentale de mon Meetic, et il serait dommage de tester les répercussions de cette rencontre sur mon animosité latente.

Rendez-vous La Bastille. Pourquoi La Bastille ? Parce que La Bastille. C’est lui qui a décidé. J’ai obtempéré.

A l’heure indiquée, je lui téléphonai

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Publié dans : |le 19 novembre, 2006 |14 Commentaires »

Entreprisement vôtre.

radis bis.jpg 7h45 -- 9h sur le Monde du travail.
Je dispatche mes bonjour.

Je cherche les prénoms à l’avance, pour pouvoir qualifier chaque salut. Ils aiment que l’on personnalise, que l’on adapte, que l’on donne de l’importance à leur dénomination, leur être. Alors le bonjour de Gisèle ne ressemble pas à celui de Pascale ni à celui de Bernadette. Car Gisèle a cette touche d’humour que n’a pas Bernadette qui a une haleine de bouc qui force à la sobriété, voire l’austérité, de l’acte de salut. Quant à Pascale elle a trop de gosses brumeux qu’elle n’a pas su élever, rongés d’abus d’alcool, narines enfarinées et clopes farcies de fines herbes, ils n’en finissent plus d’écluser au poste de police et de se piquer tout ce qui se pique avec tout ce qui pique, en bramant tel le cervidé cornu ayant la survie de l’espèce lui chatouillant le sceptre un soir de pleine lune à moitié, qu’ils sont majeurs, et surtout vaccinés, ce qui n’est pas un moindre mal par les taons qui courent, et qui piquent, la boucle est bouclée. Bref, Pascale est LA personne avec qui ne pas entamer de discussion, palabre pleurard à tendance narcotique. Un bonjour sans plus. Bonjour Pascale. Le « ça va » attenant en temps normal est proscrit. Par principe Pascale ne VA pas.

Célibataire, mères de familles, cadre phallocrate, divorcées, jeune stagiaire, tous passent.

Ils défilent dans mon bureau selon la ronde de leurs éveils plus ou moins tardifs et réussis.

Parmi eux se faufilent quelques spécialités locales, Monsieur Citronnelle, par exemple. Lire la suite »

Publié dans : |le 3 octobre, 2006 |2 Commentaires »

Pour une allumette, qui passait par là…

allumette.jpgJean-Pierre s’est mis aux allumettes. Il les a assemblées en paquets ordonnés, doigts sales, colle en pâtés. Il a offert le plateau sur lequel ne tient pas un verre à sa maman. Jean-Pierre a fait un plateau. Un plateau en allumettes sales. Et il est tout fier, de voir un sourire se dessiner avec grâce sur le visage de sa maman.
Mais voilà, Jean-Pierre a 47 ans et le sourire, témoignage d’un instinct maternel inépuisable, est de complaisance uniquement.

Ils voulaient trois enfants mais au moins un de sexe masculin. Ils eurent trois filles puis Jean-Pierre.
Jean-Pierre n’eut jamais dû voir le jour, car il y eut entre deux des sœurs, un nourrisson mort au berceau. Jacques. Une perle rare peut-être. Sûrement, puisqu’il a eu l’intelligence instantanée de ne pas connaître le Monde. Il est venu sur Terre l’espace de quelques heures. Le temps pour lui de connaître l’amour d’une mère et le chant des oiseaux. Il n’a vu aucun de nos travers, à nous qui n’avons pas eu le courage de mourir d’entrée. Il eut été parfait, Jacques, n’usant d’allumettes que pour enflammer le barbecue, pourquoi en penser autrement après-tout ?
Jacques mort, une autre fille montra son nez, et puis Jean-Pierre.
Jean-pierre, l’homme de la famille, la fierté de ses parents devant son indice de testostérone et son appendice en grappe trapue, Jean-Pierre, de l’ordre des phallus transmetteurs de nom, Jean-Pierre célibataire dur, Jean-Pierre chômeur, Jean-Pierre violent, Jean-Pierre buveur, Jean-Pierre montreur d’allumettes au phallus resté sec de descendance bien nommée. Lire la suite »

Publié dans : |le 2 octobre, 2006 |1 Commentaire »

Bon appétit.

agroalimentaire.jpgIl est midi.
Le commercial entre dans la salle de déjeuner et hurle distinctement « Bon appétit tout le monde !!».
Et j’entends au loin des « merci merci merci merci !!! JC. »
JC… T’es vraiment un pote pour tous JC. Faut dire que même moi je l’aime bien…JC.

C’est à mon tour d’aller à la soupe.
J’entre, penaude d’avance, la tête basse et les mains où elles peuvent, me glisse entre deux tables et susurre du coin de l’œil à quel point j’espère sincèrement que leur appétit est bon. Pour seule réponse ils ouvrent une large bouche et enfournent leur fourchette pleine. Quelque part mes bons sentiments à l’égard de leur appétit portent leurs fruits, les résultats sont là. Et c’est l’essentiel non ? Même si je n’y mets pas forcément les formes.
Je n’y arrive pas. Pourtant j’ai toutes les sympathies du monde pour leur appétit, vraiment, mais si je le fais à la façon JC, personne n’y croira et pas même moi. Ils sentiront forcément que c’est sous forceps que j’en aurais accouché de leur vœu d’appétit du tonnerre de Dieu.

Et puis je me dis au fond, si leur appétit était mauvais, s’il était seulement moyen, est-ce que ça me gênerait pour autant ? Est-ce que ça les gênerait pour autant ? Début d’été, la masse de donzelles parisiennes attablée ici a sûrement ses kilos d’hibernation à perdre, forcément non ?
Qu’ils n’en aient pas des masses d’appétit, à la limite ça me ferait plus de dessert, et plus de place, parce que le mien d’appétit est rarement aux abonnés absents…

Désormais je ne souhaiterai de l’appétit qu’aux anorexiques, Lire la suite »

Publié dans : |le 27 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »

Rupture sur la corne d’abondance.

juhr.jpg Sur notre morceau de Terre découragée, chacun a pris sa part.
Mais nous davantage, car nous n’avons plus de poils, nous pensons et nous avons pris cette stupide habitude d’enterrer nos morts, ce qui fait de nous des Evolués, des Maîtres, réduisant la nature à un self-service assujetti à la loi de celui se croyant le plus fort.

En Cornie d’Abondance, la pénurie guète.
Les mers sont vides, les arbres meurent, et les fruits sont de toutes les saisons. Notre panse est pleine de ces mets immatures arrachés à la nature que l’on ne prend plus le temps d’attendre.

La Cornie va se retourner contre nous, c’est certain.

Nous avons puisé, et continuerons jusqu’à tout épuiser jusqu’au temps qui fait doucement gémir mes grands-parents dans le fond de leur canapé, découragés devant ces saisons oubliant la concordance du temps.
Elles écornent nos fenêtres et font suinter leurs rides sèches.
Trop froid en hiver. Trop chaud en été. Trop sec en regardant la facture d’eau. Et trop pressé en soufflant les bougies qu’ils ne prennent plus le temps de compter au-dessus de leur gâteau peuplé comme Osaka un soir d’orage.

Publié dans : |le 25 septembre, 2006 |Pas de Commentaires »