Paris, mon Meetic et moi par un soir d’été lambinant.

« Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à l’égaler. Quand vous rencontrez un homme dénué de vertu, examinez vos propres manquements », Confucius dans Entretiens.
« Je vais essayer », Bibi dans son bain.
« L’amour c’est cool », sentence populaire reléguée par mon cousin Arthur de 10 ans mon cadet.
« Certes», Bibi de 10 ans son aînée.
« Meetic résulte de la folie d’un monde galopant, ne laissant de chance aux rencontres de s’approvisionner aux sources du temps. », Bibi, soudainement inspirée au mal de ses dents –sans importance-.
Inscrite depuis une semaine -peur de rien- sur le site Meetic, après les approches délicates de cinq ou six loosers lourdauds en mal de vaginades express, un certain Louis, arborant un profil des plus Profils, me « flasha ». Car c’est ainsi que l’on se rencontre sur site de rencontre, par flashage, à croire que cela n’infeste pas QUE les bas-côtés de nos routes, -remarque hirsute tout à fait personnelle insufflée par les sporadiques crises de mon banquier virant au cramoisi dès le 4 du mois, pauvre homme-.
Je me suis dit, d’abord : Comment un gars « comme lui » peut-il s’intéresser à une loque « comme moi », ignorant alors que la véritable question allait se découvrir par elle-même dans l’instant des choses : comment deux loques peuvent-elles s’intéresser mutuellement ? La réponse, elle-aussi des plus empiriques : ils ne s’intéressent pas. Tel qu’en atteste le dicton, les contraires s’attirent, autrement dit, les semblables se repoussent. Tous les aimants de ce monde vous le diront.
C’est ainsi que deux loques ne loqueront donc jamais ensemble.
A ceux qui oseront susurrer avec insistance à mon esgourde aux sillons escarpés que « qui se ressemble s’assemble », je leur conseille de ne pas trop aller à l’encontre de mes persuasions aujourd’hui, car c’est hier, après deux semaines d’échanges de mails, que j’ai fait la connaissance physique et mentale de mon Meetic, et il serait dommage de tester les répercussions de cette rencontre sur mon animosité latente.
Rendez-vous La Bastille. Pourquoi La Bastille ? Parce que La Bastille. C’est lui qui a décidé. J’ai obtempéré.
A l’heure indiquée, je lui téléphonai
7h45 -- 9h sur le Monde du travail.
Jean-Pierre s’est mis aux allumettes. Il les a assemblées en paquets ordonnés, doigts sales, colle en pâtés. Il a offert le plateau sur lequel ne tient pas un verre à sa maman. Jean-Pierre a fait un plateau. Un plateau en allumettes sales. Et il est tout fier, de voir un sourire se dessiner avec grâce sur le visage de sa maman.
Il est midi.
Sur notre morceau de Terre découragée, chacun a pris sa part.
